Réalité augmentée ou virtuelle, le futur de la formation ?

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Souvent confondus, réalité augmentée et réalité virtuelle représentent pourtant des concepts différents.

  • La réalité augmentée est une technologie permettant de créer le lien entre des données virtuelles et le monde réel. Selon Ronald Azuma, chercheur à l’université de Caroline du Nord, elle intègre trois caractéristiques fondamentales : elle combine le réel et le virtuel, elle permet aux utilisateurs d’interagir en temps réel et elle respecte la perspective d’un univers en trois dimensions. La réalité augmentée s’applique aussi bien à la perception visuelle qu’à d’autres sens : tactile, audition ou olfactif.
  • La réalité virtuelle, quant à elle, se définit comme l’ensemble des technologies qui permettent d’immerger complètement un utilisateur dans un monde fictif. Elle s’appuie pour cela sur les casques occultant : Oculus Rift (Facebook), Morpheus (Sony), Hololens (Microsoft), etc.

Si ces deux technologies sont différentes, elles ont cependant en commun de pouvoir s’inscrire dans le futur de l’éducation et de la formation.

Des bénéfices certains pour les apprentissages scolaires …

Les réalités augmentée et virtuelle sont de plus en plus employées dans les établissements scolaires pour favoriser les apprentissages. En effet, ces technologies permettent de rendre des concepts plus concrets et de travailler sur la mémoire kinesthésique, ou mémoire sensorielle. Cette dernière fait appel au toucher, à la manipulation ou au mouvement pour donner un sens aux informations et faciliter leur inscription dans la mémoire. La transmission de savoir sur le mode kinesthésique met ainsi les étudiants en position d’acteur du processus d’apprentissage en passant par l’expérimentation pratique et en faisant appel à l’expérience.

Concrètement, l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle peut permettre aux étudiants de mieux appréhender des caractéristiques et concepts difficiles, voire impossible d’accès : l’infiniment petit, l’infiniment grand, l’espace… Autre exemple : la simulation basée sur le dessin architectural, qui permet de « reconstituer » virtuellement l’ameublement et la disposition d’espaces à une époque donnée pour se plonger plus facilement dans l’histoire.

Avantage non négligeable de ces technologies : leur côté ludique, susceptible de stimuler davantage l’envie d’apprendre des élèves…

… comme pour la formation en entreprise

Les entreprises s’intéressent également de plus en plus aux réalités virtuelle et augmentée pour améliorer la formation de leurs employés. Ces technologies permettent d’apprendre rapidement des procédures ou des gestes techniques sur le poste de travail. Elles peuvent ainsi être des outils intéressants pour faciliter le transfert des savoirs tacites.

La SNCF utilise par exemple un simulateur en réalité virtuelle pour former ses salariés aux procédures de vérification sur les wagons de marchandises avant qu’ils n’aillent sur les voies. Cette solution a pour avantages d’être plus rapide, de prendre moins de place et de pouvoir simuler toutes les configurations possibles de types de wagons et de types d’incidents.

De son côté, le groupe industriel Saint Gobain a mis en place un dispositif de formation en réalité augmentée pour les professionnels du bâtiment. Baptisé WIT4PRO, le système permet aux utilisateurs de se former à la projection d’enduit de façade de bâtiment. Si l’utilisateur dispose d’une vraie lance de projection, il projette en revanche un enduit virtuel sur un mur virtuel. Cela lui permet d’apprendre les gestes techniques tout en occultant de nombreux inconvénients : temps de séchage de l’enduit entre deux apprentis, gaspillage de matière première, pollution, etc.

Réalités virtuelle et augmentée présentent donc des opportunités intéressantes pour les entreprises. Résultat de cet engouement : de plus en plus d’entreprises se positionnent sur le créneau du développement de contenus pédagogiques « virtuels » pour les entreprises. La mise en place de ces dispositifs n’est pas forcément extrêmement coûteuse, et évite parfois aux entreprises d’investir dans des matériels industriels nécessaires aux actions de formation.

A l’avenir, il est envisageable d’imaginer des dispositifs de formation dans les entreprises en deux étapes : formation théorique à grande échelle via des dispositifs d’apprentissage numérique, suivie d’une mise en pratique grâce aux technologies d’immersion…

A la semaine prochaine, bonne lecture !

Pour aller plus loin :

Réalité virtuelle pour améliorer les apprentissages

La réalité virtuelle pour l’apprentissage de concepts abstraits

Les multiples débouchés de la réalité virtuelle